mathis
berchery



Résidence-mission CLEA
Valenciennes Métropole

éducation artistique



crédit : Zoey

à propos


L’enjeu central de cette résidence était, pour moi qui suis plasticien et auteur, de transmettre une approche de l’écriture décomplexée des formes conventionnelles, qui amènent les publics à penser autant au sens qu’à la forme, voire à la mise en espace du texte ou encore la création de pièces sonores. L’écriture est souvent reliée à un exercice laborieux, à des complexes quant à l’inventivité, et à l’idée que le texte appartient à l'espace du livre. J’ai donc basé mon approche créative sur des processus de rencontre interpersonnelle et intergénérationnelle, où la parole de l’Autre - écrite ou orale - est matière à poésie et à récit. L’Autre - thématique proposée pour cette résidence - a aussi été envisagé comme “autre qu’humain”, ce qui a mené à des expériences dans/avec la nature (école Moulin rouge à Saint-Saulve, école Nelson Mandela à Onnaing).

J’ai ainsi déployé plusieurs processus d’écriture en binôme (La Barjo, Alefpa, Uphf), en groupes et collectivement (école de Quarouble, école Saint-Exupéry à Valenciennes, école Nelson Mandela et école Jean ferrat à Onnaing), en allant puiser et découper du texte thématique dans des livres issus du désherbage en bibliothèque (Médiathèque de Vieux-Condé, Collège Paul Eluard à Bruay), en fournissant des questionnaires permettant d’enquêter ou de collecter des témoignages.

· En milieu scolaire, toutes ces expériences ont confirmé l’intuition que la poésie et ses déploiements sont des leviers importants dans le parcours d’éducation. Ils stimulent les imaginaires des enfants, éveillent leur sensibilité et leur empathie - en l’occurrence vis-à-vis de la nature et de la connaissance de la vie des autres -, et permettent de créer un espace de partage, d’écoute et d’expérimentation. Si ces expérimentations sont ouvertes à des entorses poétiques, le travail combiné avec les professeurs permet d’intégrer des notions de grammaire, de recherche de vocabulaire, de construction d’une narration et d’une pensée, sans que cela soit lié à un exercice appliqué, mais plutôt à une intention créative dans laquelle se fond l’enseignement. Il me semble que cet écart est véritablement bénéfique pour la majeure partie des élèves, et a même pu révéler ou réveiller quelques personnalités habituellement réservées.

· En milieu extrascolaire, les expériences proposées ont généralement créé un contexte de confiance et de parole libre, où les participant·es ont osé s’intimer auprès du groupe, s’autorisant ainsi à un type de rencontre différent des conventions sociales. Il y a selon moi une vertu relationnelle et sociale dans ces modes opératoires. Reste à savoir si cela a un impact véritable dans la durée, puisqu’il s’agit de temps relativement courts et ponctuels, et si les participant·s sont en mesure de s’approprier ces processus et contextes de rencontre-création. Mais en tout cas, j’ai senti que ma présence et mon accompagnement amenait les participant·es à prendre peu à peu, et parfois rapidement, confiance en elleux-mêmes, à croire en l’importance de leurs récits et de leur parole.


projets


· Déambuler dans la nature et dans les rêves
édition numérique, école Nelson Mandela, Onnaing [ouvrir le fichier pdf]